Privert entame les discussions, cinq hypothèses d’augmentation des prix du carburant sur le tapis

Tous les syndicats de transporteurs étaient présents cette fois sous les regards de deux responsables d’associations de défense des droits humains à titre d’observateurs, le RNDDH et la POHDH et le député Antoine Rodon Bien-Aimé, président de la commission Finances de la Chambre basse. La question centrale : comment arrêter ou réduire progressivement la subvention de l’État sur les produits pétroliers ? Sur chaque gallon de gazoline et de diesel que nous consommons, l’État le subventionne à hauteur de 88 gourdes, avancent Jocelerme Privert et le ministre de l’Économie et des Finances pour tenter de convaincre les syndicalistes sur la nécessité d’augmenter les prix de l’essence sur le marché local.

Selon une source proche des discussions, les autorités et les techniciens du ministère de l’Économie et de Finances ont avancé cinq hypothèses d’augmentation des prix du carburant. Ils ont d’abord  considéré  un taux d’échange fixe de l’ordre de 65,8 gourdes pour un dollar américain. Avec une augmentation de 30 gourdes sur la gazoline, 30 gourdes sur le diesel et 25 gourdes sur le kérosène, l’État économisera 3,44 milliards de gourdes, d’où la première hypothèse déjà rejetée. Ensuite, les autorités proposent une augmentation de 25 gourdes sur la gazoline, 22 gourdes sur le diesel et  15 gourdes sur le kérosène, puis une proposition d’augmentation de 20 gourdes sur la gazoline, 20 gourdes sur le diesel et 15 gourdes sur le kérosène. La quatrième proposition consiste à augmenter la gazoline et le diesel à 16 gourdes et le kérosène à 12 gourdes. Enfin, la dernière proposition consiste à augmenter la gazoline, le diesel et le kérosène de 15 gourdes le gallon.

Avant de se positionner, les syndicalistes ont sollicité quelques jours pour se concerter. Les discussions se poursuivront lundi prochain au palais national.

Le syndicaliste Duclos Bénisoit, responsable du syndicat FIDEL, joint au téléphone par Le Nouvelliste après la rencontre, a rapporté que les autorités leur avaient fait savoir qu’avec le niveau de subvention sur le carburant, le pays ne pourrait pas tenir longtemps. D’autant plus que, a-t-il ajouté, ce sont les plus aisés qui en bénéficient, selon le gouvernement. Rien n’est encore décidé, a-t-il dit. Cependant, M. Bénisoit laisse croire que les syndicalistes pourraient accepter une augmentation, mais jamais une augmentation de 30 gourdes. « Lundi prochain, on saura s’il y aura une augmentation ou pas », a-t-il dit au journal.

Pour sa part, Changeux Méhu, président de l’APCH, a fait savoir au journal que le président Privert leur avait exposé les inconvénients liés à la subvention et la nécessité de revoir les prix à la pompe. Mais, a-t-il dit, une éventuelle augmentation n’est pas encore à l’ordre du jour.

Selon Joseph Maxime Rony, responsable de la POHDH, qui a pris part à la rencontre, le président Privert a voulu exposer aux syndicalistes la réalité et la manière de résoudre le problème de la subvention. Le défenseur des droits humains a estimé qu’il y avait eu un déficit de communication de la part du gouvernement sur le dossier. Avec l’augmentation de 30 gourdes sur l’essence, a-t-il dit, les autorités ont voulu réduire la subvention à 58 gourdes sur chaque gallon de carburant.

« D’après ce que nous a dit le président Privert, l’ancienne administration n’avait jamais payé même le minimum sur le carburant. L’État a une dette qui s’élève à 89 millions de dollars sur le carburant », a rapporté Joseph Maxime Rony.

Selon notre source qui a pris part à la rencontre, le président provisoire affirme que cette augmentation permettra au gouvernement de financer des programmes sociaux, entre autres, à l’occasion de la rentrée des classes.

Les responsables de l’Association nationale des distributeurs des produits pétroliers (ANADIPP) n’avaient pas été invités à la rencontre, a indiqué au Nouvelliste un membre de l’association.  Depuis jeudi, le prix de la gazoline est revenu à 189 gourdes, le diesel à 149 et le kérosène à 148 gourdes après une augmentation qui n’a duré que quatre jours.
Source : lenouvelliste.com

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