L’administration Privert-Jean Charles sommée d’identifier les sans-papiers haïtiens en République dominicaine

Réunis à Belladère en marge de la Journée internationale des migrants, le 18 décembre 2016, les représentants de ces institutions, après analyse de la situation des migrants haïtiens vivant en République dominicaine, qu’ils qualifient d’intolérable, demandent aux autorités de faire diligence car ces gens ne peuvent plus attendre. « Les fonds payés à l’État haïtien pour retirer ces documents ont été trouvés au prix de lourds sacrifices, dans certains cas prêtés, car la majorité des immigrants haïtiens en République dominicaine évoluent dans la précarité », dévoilent ces organisations, précisant que les sans-papiers vivent cette situation avec beaucoup de frustrations et de douleurs. Dans cette missive, authentifiée par Saint-Pierre Beaubrun, coordonnateur du Groupe d’appui aux réfugiés et aux rapatriés (GARR), les signataires pressent les autorités haïtiennes de remettre dans le meilleur délai les pièces d’identité susmentionnées aux milliers d’immigrants haïtiens qui attendent ces documents pour pouvoir régulariser leur situation migratoire. Sans ces documents d’identité que seul l’État haïtien peut leur octroyer, ils courent le risque d’être rapatriés parce qu’ils n’ont pas la possibilité de finaliser la procédure entamée pour l’obtention d’un permis de séjour les habilitant à résider en République dominicaine. Actuellement, de nombreuses personnes qui s’étaient inscrites au Plan national de régularisation des étrangers (PNRE) ne peuvent pas recevoir le permis de séjour délivré par la République dominicaine aux immigrants en situation irrégulière parce que l’État haïtien ne leur a jamais délivré les documents d’identité prouvant qu’ils sont ses nationaux. De plus, de nombreuses femmes haïtiennes qui ont eu des enfants là-bas, se trouvent dans l’incapacité de déclarer la naissance de ces derniers parce qu’elles ne disposent d’aucun document d’identité de l’État haïtien et par conséquent de permis de séjour. Des coupeurs de canne âgés ne peuvent pas accéder à leurs fonds de retraite comme anciens braceros parce que l’Etat haïtien n’arrive pas à leur délivrer le carnet de passeport requis pour retirer les chèques de pension. La majorité de ces personnes, dans le cadre du PIDIH (Programme d’identification et de documentation des immigrants haïtiens), rappellent ces institutions solidaires des migrants haïtiens, avait payé la somme de 1000 pesos réclamés par l’État haïtien pour qu’il puisse leur délivrer ces documents d’identité. Mais le PIDIH s’était converti en un véritable fiasco. Plus d’une année après avoir reçu cet argent, l’État haïtien n’arrive pas à répondre à ses engagements et des milliers d’immigrants haïtiens qui attendent ces documents de la part de leur État commencent à s’impatienter. Prenant fait et cause pour les migrants haïtiens pour qu’ils entrent en possession de leurs actes de naissance, cartes d’identification nationale (CIN) et passeports dans le meilleur délai, les membres de ces organisations formulent le vœu qu’à moyen terme une réforme en profondeur soit menée dans les institutions préposées à la préparation des documents d’identité haïtienne pour que ces problèmes qui pénalisent les immigrants haïtiens et de manière générale les citoyens et citoyennes haïtiens ne se répètent plus.

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