Haïti rêve de développer les énergies renouvelables

Avec une production électrique d’environ 300 mégawatts qui donne l’accès à l’électricité à seulement 30% de la population en zone urbaine et moins de 6% en milieu rural, le marché énergétique en Haïti affiche clairement ses limites. Autant qu’il se révèle nécessaire dans ce cas d’augmenter la production d’électricité, autant, selon Grégory Brandt, qui promeut depuis environ 4 ans un projet de centrale électrique éolienne et solaire à Thomazeau, il faut diversifier et multiplier les fournisseurs. À travers ce projet, un mélange de photovoltaïque et de vent, le premier du genre qui verra le jour dans les Caraïbes, 50 mégawatts vont être mis à la disposition de l’ED’H qui décidera où les distribuer.

Le 6 juillet 2016, les promoteurs ont présenté le projet de centrale solaire photovoltaïque et éolienne à Thomazeau, commune située à 12 kilomètres de Port-au-Prince. Cette présentation s’inscrit dans le cadre d’une journée d’activités autour des énergies renouvelables, baptisée « Temps Fort EnR », organisée par la Chambre franco-haïtienne de commerce et d’industrie, en association avec la société VALOREM.

« Les énergies renouvelables, moteur du développement durable et futur économique d’Haïti », c’est ce thème qui a été retenu par les organisateurs qui misent beaucoup sur ce projet pour accélérer le développement de la commune de Thomazeau. L’ingénieur Pierre Girard, de la société française VALOREM, souhaite que ce projet à l’avenir puisse générer des emplois à partir de l’entretien des éoliennes et du nettoiement des panneaux photovoltaïques. « Je pense que ce projet va générer quelques emplois dans la zone de Thomazeau […] Ce sera un facteur de développement futur lorsque toute cette énergie sera déversée sur la plaine de Thomazeau », a déclaré le représentant du 6e exploitant éolien français.

Le ministre de l’Environnement, Simon Dieuseul Desras, qui s’est fait représenter par Anibal Coffy, dit apporter son plus grand soutien à ce projet qui n’a pas encore reçu, au grand dam de Grégory Brandt, la bénédiction des autorités haïtiennes. « Pour l’instant, il n’y a rien de signé avec l’État haïtien », a confié ce dernier à la rédaction.

Il prévoit de vendre à l’ED’H le kilowatt/heure moins cher que les autres fournisseurs privés. « Ce projet ne va gêner aucun autre producteur, aucun fournisseur », plaide-t-il. Toutefois, il y a un hic. La réalisation du projet, donc la construction de la centrale, coûtera entre 110 et 115 millions de dollars sur une durée de 2 à 3 ans et demi. Au moment de la présentation du projet à Thomazeau, Grégory Brandt a lui-même reconnu que les potentiels investisseurs sont juste identifiés. Pas plus.

« Je souhaite pouvoir dans quelques mois venir ici poser une première pierre […] inaugurer une éolienne », a, pour sa part, affirmé Elizabeth Beton-Délègue, l’ambassadeur français, qui s’est payé une visite à Thomazeau. Elle s’est réjouie de ce projet qui, selon elle, va mettre Haïti dans le concert des nations qui ont résolument opté pour les énergies renouvelables.

À en croire Grégory Brandt, tous les pays de la région sont en train de développer les énergies renouvelables. Jamaïque, Cuba et la République dominicaine sont déjà passés au vert. Même le Venezuela, un des plus grands producteurs de pétrole au monde, investit dans les énergies renouvelables. Pour lui, il est normal qu’Haïti commence à y réfléchir.

Toutefois, l’ambassadeur français estime que l’arrivée de cette nouvelle centrale demande un effort de planification, d’organisation, de normalisation du secteur énergétique. « C’est une responsabilité première des décideurs haïtiens », a déclaré la diplomate française qui faisait sans doute référence au déficit annuel de l’ED’H qui s’élève à plus de 400 millions de dollars en 2015.

Contrairement aux énergies renouvelables, les énergies fossiles ne sont pas disponibles en Haïti, elles ne sont pas inépuisables, elles polluent et ne sont pas bon marché. Le projet sera composé de 12 à 15 éoliennes qui produiront 30 mégawatts d’électricité et d’un parc photovoltaïque qui aura une puissance totale de 20 mégawatts, étendu sur une surface de 35 hectares.

Source : lenouvelliste.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *