Le financement du climat au cœur de la COP 22 de Marrakech

Les chefs d’État et de gouvernement de la planète affluent à Marrakech, au Maroc, pour participer à la COP 22. Depuis début novembre, la principale ville touristique du centre du Maroc vibre au rythme de la COP 22. Les édifices, les voitures de taxi, les autobus sont parés d’affiches, de banderoles estampillées du logo de la COP 22. Enfin, rien n’a été laissé au hasard par le royaume dans son souci de promouvoir cette grand-messe climatique mondiale.

Près de 180 responsables – chefs d’État et ministres – des pays signataires de l’accord de Paris vont se succéder à partir de ce mercredi à la tribune de la conférence de l’ONU sur le climat. Ces derniers entretiendront également des dialogues de haut niveau sur le financement du climat. De même que l’année dernière à Paris, la République d’Haïti est présente à cette COP 22, à Marrakech, avec une délégation  conduite par le ministre de l’Environnement, Simon  Dieuseul Desras.

Considérée par plus d’un comme la COP de l’action, cette COP 22 poursuit essentiellement deux objectifs : négocier les règles concrètes pour appliquer l’Accord de Paris adopté il y a un an (il est prévu que cette discussion dure deux ans) et s’entendre sur les actions à mener d’ici à 2020 (comme accélérer les efforts face au changement climatique, augmenter les financements climat pour atteindre les 100 milliards de dollars annuels promis pour 2020).

La question de l’adaptation – un enjeu fondamental pour les pays du Sud – sera au cœur des discussions lors de la réunion ministérielle de ce mercredi sur le financement. Nous avons, d’un côté, les pays développés qui s’activent pour faire adopter leur feuille de route pour atteindre les 100 milliards annuels en 2020 et, de l’autre, les pays en développement qui demandent de porter à 32 milliards la part de cette enveloppe dédiée à l’adaptation. Autrement dit, le double de ce qui est aujourd’hui proposé.

Et cela pourrait ne pas suffire. Dans un souci de respecter l’équilibre entre l’atténuation et l’adaptation, les pays du G-77 (groupe auquel Haïti appartient) demandent de quadrupler le financement de l’adaptation.

« Au nom de la justice climatique, il devient une obligation morale pour les grands pays de supporter les PMA [cf. pays en développement], reconnus comme de faibles émetteurs et qui subissent fortement les incidences des catastrophes naturelles », estime le ministre haïtien de l’Environnement dans une interview accordée à des journalistes japonais. Encore au nom de la justice climatique, poursuit le ministre Desras, la solidarité internationale s’impose comme une nécessité incontournable dans le cas d’Haïti pour réparer les pertes et préjudices que des actions d’adaptation courantes ne pourront pas épargner.

Au terme de la première semaine des négociations climatiques, les ministres ont pour mission d’indiquer comment ils comptent passer à la caisse en vue d’aider les plus vulnérables touchés par les changements climatiques. Après l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris, plusieurs experts estiment qu’il est essentiel de progresser sur les financements fournis par les pays développés et de fournir des solutions concrètes aux pays et aux communautés les plus touchées.

Cependant, à l’issue de la première semaine, les discussions sont pour la plupart restées génériques et vagues. Ces dialogues ne seront vraiment significatifs sans une préparation adéquate pour parler des détails et définir des points d’action clairs et non pas simplement réitérer les actions passées. La réunion des ministres constituera donc un vrai test pour relever le seuil de 2018 et augmenter les attentes des pays.

À date, 109 États, dont les États-Unis, l’Union européenne, l’Inde et le Japon, ont ratifié l’accord issu de la COP 21 qui a vu la communauté internationale s’engager à réduire les émissions de gaz à effet de serre, sources du dérèglement climatique. Malheureusement, le Parlement haïtien n’a pas encore ratifié ledit accord.

« Face à la grande vulnérabilité du pays aux aléas climatiques et afin d’éviter qu’il ne perde les multiples opportunités offertes par l’Accord de Paris, le gouvernement haïtien invite les honorables parlementaires à ratifier de façon célère ce traité international dont les dispositions pourront contribuer à une croissance verte et à une réduction de la pauvreté », peut-on lire dans un communiqué du ministère de l’Environnement qui date de la semaine dernière.

Pour rappel, les quatre engagements pris par Haïti lors de la COP 21 sont les suivants : la culture adaptée par rapport au changement climatique ; la modernisation du transport ; l’augmentation de la couverture forestière et la production d’au moins 80 mégawatts en énergie propre d’ici 2020.

Il a été aussi question d’énergie propre ce mardi 15 novembre avec la réunion de haut niveau organisée par la présidence marocaine de la COP 22 sur les avantages économiques et l’impératif moral d’une transition juste vers 100% d’énergies renouvelables pour limiter le réchauffement climatique à 1.5C degrés.
Pour Greenpeace International, 100% des énergies renouvelables est la voie à suivre car le 100% renouvelable offre de sérieux avantages à tous les niveaux et  permettra de sauver des milliers de vies par an, notamment en Chine, de créer des centaines de milliers d’emplois propres et d’économiser des milliards de dollars par an dans les importations d’énergies sales.

Patrick Saint-Pré
Envoyé spécial à Marrakech, au Maroc
Source: lenouvelliste.com

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