Le choléra, les élections et la migration : les demandes et les promesses de Privert à l’ONU

C’est un discours à la fois hautement diplomatique et qui peint la réalité d’Haïti que le président provisoire de la République a prononcé à la tribune des Nations unies, vendredi, à la 71e Assemblée générale. Jocelerme Privert prend parti pour la République de Chine Taïwan, s’aligne sur la position des G-20 concernent les ODD, salue la paix trouvée entre les FARC et le gouvernement colombien et le rapprochement entre Cuba et les États Unis. Mais il a aussi appelé l’ONU à prendre ses responsabilités dans l’éradication du choléra en Haïti et promis de bonnes élections le 9 octobre.

Cortèges présidentiels, des agents de service secret à sa disposition… Sa première et probablement sa dernière intervention à une Assemblée générale de l’ONU. En tout cas pour les cinq prochaines années. Jocelerme Privert n’a pas voulu rater son coup.

« …mon pays a besoin de la compréhension internationale pour affronter les défis de I’insalubrité, qui I’exposent continuellement aux épidémies, aux endémies, aux maladies venues de toutes parts. Durant les récentes années, mon peuple a énormément souffert d’une infestation galopante et combien délétère par la malaria, le choléra, le zika, le chikungunya, la dengue et j’en passe. Pour vaincre ces fléaux, les déclarations de bonnes intentions, pour réconfortantes qu’elles soient, ne produisent aucun effet. Nous avons besoin d’un appui concret et efficace en matière d’assainissement du milieu, en système d’eau potable, de traitement des ordures… », a discouru Jocelerme Privert à la tribune de l’ONU.

Il a fait savoir que la recrudescence des cas de choléra ces derniers mois est I’un des défis qui se posent aujourd’hui avec le plus d’acuité en Haïti. « Elle illustre la  détérioration sensible  de la situation humanitaire, comme I’a souligné le secrétaire général dans un récent rapport au Conseil de sécurité. À cet égard, le gouvernement de la République d’Haïti a pris note avec le plus haut intérêt des déclarations du secrétaire général par rapport à deux  situations qui rendent I’Organisation inconfortable. Les multiples abus sexuels perpétrés par des Casques bleus et I’introduction du choléra en Haïti », a avancé le chef de l’État haïtien.

La reconnaissance par I’ONU de sa responsabilité morale, a-t-il dit, ouvre la voie à de vraies discussions quant à l’obligation d’éliminer définitivement le choléra en Haïti. « En ce sens, nous voulons espérer que l’appel pressant du secrétaire général en faveur de la mise en œuvre d’un programme substantiellement renforcé de lutte contre le choléra et d’aide aux victimes et leurs proches sera entendu et répondra pleinement aux attentes du peuple haïtien », a lancé M. Privert.

De bonnes élections le 9 octobre, la promesse de Privert

D’un autre côté, il y a la question des élections en Haïti et Privert se devait de rassurer la communauté internationale sur sa réalisation le 9 octobre. « L’investiture du nouveau président de la République le 7 février 2017 sera le point culminant du processus de renouvellement et de renforcement des institutions politiques haïtiennes », a-t-il dit. « Que I’on ne s’y méprenne pas : sans des élections honnêtes et crédibles, il est vain d’espérer une transition politique paisible; ce passage sans heurt reste la condition indispensable et le soubassement de la stabilité politique, de la consolidation de I’État de droit, de la modernisation économique et du développement. »

Jocelerme Privert a fait savoir que lui et son gouvernement n’interviennent pas dans le travail du Conseil électoral provisoire. Il a profité de la tribune de l’ONU pour demander aux bailleurs de fonds de supporter économiquement le prochain gouvernement qui sortira des élections. « Ils en auront un pressant besoin pour entreprendre les réformes indispensables à la modernisation économique et sociale, pour injecter l’investissement massif dans les infrastructures défaillantes et les ressources humaines, dans la protection de l’environnement et pour assurer la consolidation continue de l’État de droit », a-t-il dit.

La question de la migration

Plusieurs pays ont souligné à la tribune des Nations unies leur difficulté à faire face au flux migratoire des Haïtiens qui tentent d’entrer illégalement sur leur territoire. Le président Privert leur a dit qu’il est conscient de la recrudescence du nombre important de nos compatriotes qui quittent le pays à la recherche d’un mieux-être.

« Notre délégation comprend et prend note des préoccupations Iégitimes exprimées, à cette tribune même, par les représentants de certains pays d’accueil ou de transit. Ce drame humain appelle à des décisions et mesures concrètes, pour offrir au peuple haïtien de nouvelles opportunités et de meilleures conditions de vie », a-t-il dit.

À New York, Privert a à ses côtés son épouse et une délégation venue d’Haïti composée, entre autres, des ministres de la Justice, de l’Économie et des Finances et le chancelier.
Source : lenouvelliste.com

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