Les Ateliers Michaëlle pour démarrer Artisanat en fête

Le Nouvelliste : Qui êtes-vous et depuis quand êtes-vous dans l’artisanat?

Michaëlle Baussan Stines : Je suis Michaëlle Baussan Stines, éducatrice de formation. Très tôt, je me suis intéressée au dessin. J’ai commencé une formation en arts plastiques en même temps que celle de jardinière d’enfants dans les années 80. Je me suis lancée dans l’artisanat il y a une quinzaine d’années en peignant sur des créations en terre cuite et aussi en faisant des chemins de table peints sur de la toile de jute.

L.N : Vous êtes aussi dans l’accessoire de mode, particulièrement les sacs à main. Qu’est-ce qui vous inspire généralement?

M.B.S. : J’ai commencé à créer des sacs à main en 2010, suite au séisme. J’avais perdu mon atelier. La terre cuite me demandait d’avoir un espace de stockage important, que je n’avais plus.  Ayant reçu aussi une formation en mode, je me suis orientée vers ce secteur, sans pour autant abandonner mes premières passions. Je m’inspire des couleurs chaudes de mon pays et du quotidien, des formes variées croisées à chaque coin d’Haïti.

L.N. : Quelles sont les matières que vous travaillez?

M.B.S.: Je travaille encore sur la terre cuite et le bois mais aussi sur la toile de jute pour les chemins de table et sur toutes sortes de tissus pour créer mes sacs à main.

L.N. : Racontez-nous brièvement une journée de production. Depuis le design jusqu’au produit fini.

M.B.S. : Raconter une journée de production n’est pas aisé, car, comme je vous l’ai dit, je travaille dans plusieurs secteurs. Je préfère donc parler de cycle. Je travaille beaucoup en soirée pour la coupe et l’assemblage des pièces, et plus en fin de semaine pour la peinture ou très tôt le matin car, j’aime profiter de la lumière naturelle.

L.N. : Entre les commandes placées et les achats spontanés, quels sont les avantages et inconvénients des deux pour écouler vos produits?

M.B.S. : Je vais être sincère avec vous, les commandes me stressent parfois. Le client voit un produit, veut très souvent y mettre sa touche et, moi, je suis un esprit libre. Je travaille au gré de mes envies et de mes fantaisies. Ceci dit, je n’ai jamais eu affaire à un client déçu, fort heureusement. Tout en restant libre, j’arrive quand même à rester proche de l’esprit de ce que le client a vu pour le satisfaire. Les commandes ont l’avantage de permettre des ventes massives et plus rapides mais j’aime beaucoup le contact avec le client à qui j’offre quand même une petite part de moi-même.

L.N. : Depuis quand participez-vous à la foire?

M.B.S. : Je participe à Artisanat en fête depuis la deuxième édition.

L.N. : Vous y êtes donc comme chez vous. Que vous apporte cette participation ?

M.B.S. : Je crois en cette initiative. J’aime être au milieu de tous ces talents dont regorge notre pays. Je pense que notre véritable richesse réside dans notre culture et que le développement du pays peut partir de là. Artisanat en fête me permet de rencontrer de nouveaux clients et d’être en contact avec les artisans de différents secteurs.

L.N. : Que réservez-vous à ceux qui feront le déplacement le week-end prochain?

M.B.S. : J’exposerai ma gamme complète de créations. Je comblerai les attentes aussi bien de ceux qui soignent leur intérieur que des personnes élégantes. C’est aussi pour moi l’occasion d’offrir des prix que je n’offre nulle part ailleurs et aussi, chut,… d’avoir mon grand coin super soldes.

L.N. : Pourquoi un acheteur préférerait-il vos produits aux autres ?

M.B.S.: Un acheteur qui veut être singulier doit venir vers moi. Je suis incapable d’avoir deux produits, d’une même gamme, identiques. Je pense que c’est là ma force.

L.N. : Les gens se plaignent souvent que les produits artisanaux sont trop chers. Que répondez-vous à cela?

M.B.S. : Nous ne produisons que très peu de matières premières et donc nos coûts sont élevés. J’essaie personnellement d’avoir des produits de prix très variés.

L.N. : Qu’avez-vous prévu pour la vente à Artisanat en fête par rapport à cette question ?

M.B.S.: Pour baisser les coûts, il faudrait pouvoir commander en gros et bénéficier de taxes à l’importation réduite. Nous n’avons pas tous dans le secteur suffisamment de volume pour pouvoir le faire, malheureusement.

L.N. : Le secteur artisanal, comme tous les autres, connaît des difficultés. Quelles sont celles directement liées à votre champ et comment cela peut-il être amélioré, selon vous?

M.B.S. : Nous avons comme première difficulté un marché restreint pour écouler nos produits. Il aurait fallu que nous puissions nous tourner vers l’extérieur, mais pour cela il faut connaître les circuits. Comme seconde difficulté, il nous faudrait pouvoir former des ouvriers pour avoir un travail répondant aux normes internationales. Nos produits sont bons, originaux, mais peuvent s’améliorer.

L.N. : Quels sont vos plans après la foire et où peut-on trouver vos produits?

M.B.S. : Nous espérons pouvoir participer à d’autres évènements avant la fin de l’année et d’en organiser comme nous le faisons depuis un certain temps. Atelier Michaëlle expose au 43  rue Rigaud à Pétion-Ville, au local de Créations Dorées. Sur Facebook, vous pouvez suivre Atelier Michaëlle et sur Instagram Michaëlle Baussan. Je peux être jointe à « ateliermichaelle@gmail.com ». Je voudrais terminer en disant merci.

Propos recueillis par Péguy F. C. Pierre
Source : lenouvelliste.com

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