Ils étaient une trentaine de députés à prendre place dans la petite salle des commissions de la Chambre basse pour écouter les autorités, mais surtout pour exprimer leur ras-le-bol face à la mauvaise qualité des services fournis par les compagnies de télécommunication en Haïti. Après s’être excusé suite à deux invitations auxquelles il ne s’est pas présenté, le Premier ministre Jack Guy Lafontant était là et pouvait compter sur le ministre des Travaux publics et le directeur du CONATEL pour les détails techniques. Dans la salle, l’ambiance était toutefois hostile et l’amertume des parlementaires était contagieuse.

«Moi aussi, étant consommateur, j’ai été victime», a déclaré Jack Guy Lafontant qui se souvient d’avoir vu se volatiliser environ 10 000 gourdes de son compte, refusant de citer le nom de la compagnie en question. La seule différence est que le Premier ministre, contrairement aux gens du peuple, ne sait pas tu et a engagé des démarches auprès de la compagnie qui a dû renflouer son compte. Son attitude est aujourd’hui, selon lui, la voie que doivent suivre les victimes.

Le ministre des Travaux publics Fritz Caillot admet, lui aussi, l’existence de ce problème. «J’ai été interpellé par le problème par des milliers de gens qui se plaignent du vol de leurs minutes et j’ai discuté avec le DG du CONATEL afin d’envisager quelques mesures».

Tout allait de ce train quand le directeur général du CONATEL, Jean David Rodney, vint changer la donne en faisant cette étrange révélation:«Il ne s’agit pas des vols de minutes, mais l’incompréhension des consommateurs». Il se justifie en précisant que certaines personnes reçoivent des messages via WhatsApp sans savoir que ces messages coûtent 50 centimes chacun. Les explications du directeur, perçu comme l’avocat du diable, étaient peu convaincantes. A ce point, le député Benoît Laguerre est catégorique: «Tu n’arrives à convaincre personne. Tout le monde se dit victime et toi tu te fais l’avocat des compagnies ».

4G LTE va plus loin que l’Etat

Si la concurrence pousse les compagnies à se vanter à travers des spots garantissant le meilleur service en matière de 4G LTE, la grande réalité est qu’aucune d’entre elles ne détient une licence leur autorisant d’offrir ce service. Où est le régulateur ?, dit-on. Le directeur du CONATEL explique que les compagnies détenant une licence pour la 3G s’efforçaient de tout mettre en œuvre pour offrir ce service à la population haïtienne et la 4G n’ayant pas pris du temps pour être développée, les fournisseurs plongent à toute vitesse dépassant un régulateur qui va à pas de tortue. Aujourd’hui, le CONATEL projette d’agir après coup pour octroyer des licences à ces compagnies, ce qui peut être très bénéfique à l’Etat haïtien.

Perspectives

Au terme de cette rencontre, l’instigateur de l’invitation, le député Gary Bodeau, a confié qu’une autre réunion était fixée à la quinzaine. Le ministre de l’Économie et des Finances et le responsable de la BRH y seront présents, selon Garry Bodeau, qui estime que ces institutions sont également concernées par la question puisque le secteur représente environ 25% de l’assiette fiscale du pays.

 

Source: lenouvelliste.com

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